Nous partons de Grenade sur le Venezuela en convoi. Les informations sont alarmistes, piratage, attaque à main armée, mort, blessé…psychose chez le navigateurs, pour la première fois depuis le début du voyage nous allons planquer, l’argent, l’électronique et l’informatique.
Le convoi c’est Kermija avec Michel et Jacqueline (rencontrés la première fois à Jao Pessoa, Brésil), Tubalcain avec Christian et Jackie (Christian connu 30 ans auparavant au Gabon, retrouvé par hasard à Grenade !). Rackam avec Henry et Danièle ne sont pas prêts mais c’est l’affaire de 24 heures.
Nous arrivons le matin aux Testigos qui, comme tout le monde le sait, veut dire …témoins !Les îles sont de petites monts rocheux à la végétation basse hérissées de cactus.Les eaux sont poissonneuses à en croire les nuées de frégates et pélicans qui planent au-dessus de nous.
Iguana grande
A Isla Iguana, il faut se présenter mais les formalités se feront à Margarita, 45 miles plus
loin.Les habitants sont de type européens.
Mouillons sur l’île d’en face Testigo Grande.
Autour de nous la plupart des bateaux sont français.
Belle rencontre que celle avec Grandeur Nature un catamaran gigantesque où 4 adultes, 1 ado encadrent 7 gamins d’environs
15ans dont 3 à problème venant de la Z.E.
Dans le contexte paradisiaque où nous sommes le contact se fait naturellement
chaleureux.
C’est un Ricardo attachant, enthousiaste, bavard curieux intéressé et intéressant que nous découvrons de prime
abord.
Puis c’est au tour de Quentin, petite tête d’ange auréolée de boucles blondes qui vient faire son numéro de
séduction. Je le crois sans problème tant il est volubile mais Wilfried et Francis, 2 des « encadreurs », nous narreront combien ils sont terribles. Peu de jours avant ils ont dû se
séparer du seul couteau de cuisine à bord !
La surveillance est constante en plus de les occuper et trouver des
activités.
Le désamorçage de la violence se fait par la découverte de la nature (tortues, dauphins…) de pays plus ou moins
démunis (Casamance, Brésil, Haïti, Dominique, Venezuela…) pendant 9 mois.
Les encadrants sont obligés de se relayer tant la tâche est ardue, mais quelle merveilleuse mission en tout cas, la partie émergée que l’on en a vu paraît concluante.
Nous sommes invités un soir et irons ensemble une partie de la nuit sur la plage où les tortues viennent pondre mais pas cette nuit
là.
On quitte le mouillage et cet attachant équipage sous la mélopée du lambi de Stevie (coquillage percé qui sert de cor de
chasse aux pêcheurs), poignant, pour un mouillage un peu plus loin : Playa Real. Hum… c’est là que 6 mois auparavant un bateau s’est fait pirater.
Première nuit, tout fermé mais bien vite d’autres rencontres et la psychose tombe !
traces de tortue
sur la plage
Ici, c’est le fief de “Chonchon”,
Conception de son vrai nom, qui, après un passé de pêcheur, contrebandier… s’est retiré sur cette île au fabuleux décor, comme l’équivalent du garde champêtre des lieux. Sa bicoque, à l’écart du
village (de 5, 6 cases à tout casser), est l’endroit stratégique avec vue sur toutes les allers et venues du mouillage en plus d’être aéré ce qui l’épargne des moustiques ou autres moucherons qui
sévissent le jour à cette période de l’année. Chonchon a 70 ans, fière allure, l’œil et l’esprit vifs, comprend et parle le français, t’explique les subtilités de l’espagnol quand tu hésites ou
fais des fautes. Les navigateurs sont ses amis et sa bouffée d’oxygène. Ceux qui l’ont connu, diront que c’était un excellent chasseur et plongeur mais l’abus d’alcool avec cette gente voyageuse
a un peu entamé ses articulations ! L’île est vraiment très belle avec son isthme de sable blanc, sa côte rocheuse au vent, repère des biquettes et fous de Bassan, la petite cabane de pêche des
jumeaux Franky et Carlos au bout de la plage… La communauté bateaux s’agrandit d’un Belize 44 et d’un lagoon 47 grand luxe. A bord, des musicos amateurs.Nous passons une soirée mémorable chez
Chonchon, également auteur compositeur guitareux. Chonchon a tué et cuisiné un jeune bouc pour l’occase. Les « biquets » voileusement connus connaissent bien le Venezuela et sont une mine
d’informations ont toutes les solutions à nos interrogations quant à la réception de nos hôtes pour cet été. Ils confirment toutefois qu’il faut voyager en convoi et c’est à 7 bateaux que nous
faisons los Testigos, Margarita.
soiree chez Chonchon